Le CESE alerte sur l’urgence d’une adaptation des infrastructures au changement climatique
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) tire la sonnette d’alarme dans son avis du 13 janvier 2026 : les infrastructures françaises, déjà fragilisées par un sous-investissement chronique, sont de plus en plus vulnérables aux effets du changement climatique.
Vagues de chaleur, inondations, retrait-gonflement des argiles et submersions marines accélèrent leur dégradation, avec des coûts estimés entre 1,5 et 4,5 Md€ par an d’ici 2050 pour les réparer et les adapter.
Le rapport souligne une « dette grise » accumulée, notamment sur les réseaux routiers, ferroviaires et les ponts, où 30 000 à 35 000 ouvrages sont en mauvais état structurel. Les collectivités locales, gestionnaires de 98 % du réseau routier, manquent de moyens pour y faire face.
Le CESE appelle à une cartographie actualisée des infrastructures, incluant leur état, leur exposition aux risques climatiques et les coûts d’adaptation, avec un appui technique du Cerema si nécessaire. Il propose également une série de recommandations, parmi lesquelles on peut citer :
- renforcer la gouvernance avec une programmation pluriannuelle des investissements ;
- prioriser les investissements pour résorber la dette grise et intégrer un réflexe d'adaptation systématique ;
- mobiliser des financements innovants et sécuriser les ressources via une loi de programmation pluriannuelle ;
- amplifier l’usage d’éco-matériaux et de solutions fondées sur la nature ;
- adapter les normes et renforcer les compétences des acteurs locaux.
Le CESE insiste sur l’urgence d’agir, notamment dans les territoires ultramarins et les zones littorales, où la montée des eaux et les cyclones menacent les infrastructures à court terme.







