Depuis sa création en 1909, PIARC, l’Association mondiale de la Route, poursuit une mission simple mais essentielle : rassembler les acteurs routiers du monde entier autour d’un socle de connaissances partagées ; pour mieux construire nos routes, pour mieux servir nos sociétés. La Revue générale des routes et de l’aménagement, doyenne de la presse technique routière francophone, incarne depuis des décennies cette même vocation d’ouverture et d’échange. PIARC et la RGRA partagent une conviction commune, celle que les défis routiers – qu’ils touchent à la sécurité, à la résilience, à la décarbonation, à l’innovation, aux matériaux ou à la gouvernance – dépassent les frontières et gagnent à être pensés collectivement. Le partage international de connaissances peut nous faire économiser des millions d’euros et des années d’expérience dans
nos défis et projets nationaux.
Ce numéro « International » en offre une illustration éclatante. D’un chantier expérimental de chaussée biosourcée en Irlande à l’automatisation guidée par GPS et IA des ateliers d’enrobage, chaque article témoigne d’une même dynamique : des solutions nées dans un contexte national qui, par la diff usion du savoir, deviennent des références mobilisables ailleurs. L’application du Colsave™ Flex à Phnom Penh, les géogrilles françaises testées avec des laboratoires universitaires, ou encore le retour d’expérience belge sur les revêtements en béton bicouche, montrent combien l’innovation routière circule aujourd’hui à l’échelle mondiale, portée par des ingénieurs, des entreprises et des laboratoires qui comparent désormais pleinement leurs pratiques, convaincus
d’y gagner tous.
Cette circulation de connaissance a besoin de lieux, d’outils et d’institutions qui la rendent possible. Les études de cas sur les défaillances d’armatures d’ouvrages d’art, conduites à l’international par le Service public de Wallonie, rappellent qu’apprendre des échecs constatés ailleurs est un excellent moyen d’éviter de les vivre soi-même.
L’ouverture internationale de SEVE-TP, portée par la FNTP et Routes de France, illustre à son tour cette volonté d’inscrire des outils nationaux dans une perspective plus large, au bénéfi ce de tous.
C’est précisément le rôle que joue PIARC : offrir un espace impartial où administrations routières, entreprises et experts du monde entier peuvent confronter leurs expériences, tirer parti de leurs réussites et, surtout, éviter de réinventer collectivement ce qui a déjà été résolu ailleurs. Ma promesse en tant que secrétaire général est de faire de PIARC la meilleure maison globale pour que les experts venus du monde entier puissent partager des connaissances. Nos comités techniques internationaux accueillent déjà près de 2 000 experts des 128 pays membres, et ils sont encore ouverts à tous les experts souhaitant partager leurs connaissances. Dans un secteur confronté simultanément à la transition écologique, au changement climatique, à la numérisation et à l’exigence de sécurité, cette communauté routière internationale est une nécessité opérationnelle.
Bonne lecture de ce numéro, qui met en scène, une fois encore, la vitalité de cet écosystème routier mondial.







